Un très bel ouvrage qui s'appuie pour une large part sur les recherches entreprises par Jean-Marie Chirol (disparu en 2002) et le Club Mémoires 52, que les trois auteurs, Lionel Fontaine, André Grossetête et Marie-Claude Simonnet, ont poursuivies, affinées, approfondies, pour dresser le tableau de l'Occupation dans ce département. S'appuyant sur des documents nouveaux, la plupart inédits et jusque-là peu ou jamais exploités, ce travail de recherche prend la mesure de ce que fut la Résistance en Haute-Marne en diversifiant les approches thématiques (chronologie de l'Occupation dans le département, étude sur les maquis, sur la libération, aspects de la Résistance...)
Richement illustré de cartes, ponctué de notices biographiques, ce très beau livre, publié par les éditions Dominique Guéniot, fera date, on n'en doute pas, dans l'historiographie de la Haute-Marne.
Hélène, aujourd'hui domiciliée à Seraincourt, où elle a épousée après la guerre rené Tarradou, le fils de ses sauveteurs, (Jean et Juliette, maintenant décédés), était présente à la cérémonie.
Cet hommage fut rendu possible grâce aux travaux menés par C. Dollard-Leplomb, responsable départementale de l'AFMD.
Les fils de Jean et Juliette Tarradou, Pierre et René, sont respectivement les 2e et 4e personnes en partant de la gauche, Hélène Jarjembski étant la 3e , elle est entourée des fils Tarradou dont son mari, René, à sa gauche. (photo : D. Renaudin)
A l'heure où certains se demandent s'il faut lire dans les établissements scolaires la lettre de Guy Môquet, vient de sortir ce nouveau livre de J.M. Berlière et F. Liaigre, les deux historiens explorateurs de la résistance du Parti communiste français sous l'Occupation.Après le formidable Sang des communistes, consacré à l'action des "Bataillons de la jeunesse", ce nouvel opus s'intéresse au "Détachement Valmy", ce groupe armé chargé de liquider les "renégats" (ex-responsables du Parti passés au PPF), de châtier les collaborateurs, de lutter contre l'occupant, mais aussi de "faire la police" dans les rangs du Parti clandestin.
Ces "cadres spéciaux", véritable Guépéou du PCF, considéraient leur formation comme "l'élément moteur" de la lutte armée et se distinguèrent par la violence de leurs attentats. Le Détachement Valmy finit par succomber sous les coups portés non par les Allemands, mais par les policiers de la Préfecture de police de Paris (les fameuses "brigades spéciales" des RG) dont les auteurs relatent, à partir d'archives inédites, les enquêtes.
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.
Les souvenirs de Marceau Devie, recueillis par Paul Lotterie, sur
Il favorisait dès avril 1941 le passage de prisonniers évadés venant d'Allemagne par la Belgique, les dirigeant vers Paris depuis la gare d'Aubrives avec la complicité d'agents de la S.N.C.F. Naquit alors une filière qui fonctionna jusqu'en juin 1944 et qui servit aussi à l'évacuation d'aviateurs alliés. En août 1942, il devenait agent de renseignements des réseaux franco-belges "Bayard Poisson Chinois" et de la "Ligne PV " (réseau dont le centre ardennais était le maquis du Banel).
En février 1944 il rencontra "Marco" (responsable des sabotages auprès de l'état-major départemental des FFI) à Charleville, qui lui demanda d'accepter la direction des équipes de sabotages dans le secteur de Vireux-Givet. Devie donna son accord et effectua, avec François Amerand, son premier sabotage sur voie ferrée à Aubrives. D'autres allaient suivre. Deux mois plus tard, en avril, Jean Vigneron, alias « Parfum », chef du Secteur de Givet en fit son adjoint et le nomma responsable départemental militaire du mouvement Libération-Nord sous le pseudonyme de "Firmin". En liaison avec le maquis des Ardennes, Marceau Devie parvint à obtenir, le 8 août, un parachutage sur le territoire de la commune de Vireux-Wallerand (message : « La bécasse trompe son mâle »). Le matériel permit d'équiper un maquis constitué dans la forêt.
Le 4 septembre, après un dernier accrochage avec les Allemands en déroute à Hargnies (où Gabriel Brichet et René Darcourt trouvèrent la mort), Marceau Devie accueillait les Américains à Vireux. Puis il participa aux opérations qui devaient mener, trois jours plus tard, à la libération de Givet.