
Les auteurs n'éludent pas la question, ô combien épineuse, du nombre de fusillés, et décrivent le sinistre parcours qui conduit les condamnés devant le peloton d'exécution : la dernière lettre, La Marseillaise et l'Internationale entonnées sous la mitraille, les corps occultés afin que les défunts ne deviennent des exemples et des martyrs...

Au cours de la cérémonie, qui débutera à 10 h 30, les noms des 40 déportés seront lus.
Deux expositions, sur la déportation, et sur le souvenir des soldats morts à Bulson le 14 mai 1940, se tiendront ce dimanche.
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Premier mai 1945 : retour en France
Tout commence par une désinfection contre les parasites : poux, punaises, puces..., désinfection effectuée par les Américains. Nous nous présentons un par un, col de chemise et braguette déboutonnées devant celui qui est chargé d'effectuer ce travail. Un coup de soufflet d'unepoudre blanche et nous voilà parés pour monter dans les camions de l'armée américaine. Inutile de décrire notre joie.
Premier arrêt à Münster où nous passons la nuit. Le lendemain, nouvelle désinfection et même rituel. Nous sommes dirigés ensuite vers 1a gare où nous sommes pris en charge par les militaires de la Croix Rouge Française. Ils nous accueillent avec beaucoup de chaleur tout en s'excusant de n'avoir trouvé comme moyen de transport que des wagons tombereau à ciel ouvert. Mais qu'importe ! L'essentiel désormais est de revoir la France, notre pays, nos familles, nos amis. Après deux années de galère, cela reste notre priorité.
Nous sommes assis à même le plancher du wagon, planqués dans des couvertures, ballottés de droite à gauche à chaque aiguillage.
Nous passons le Rhin à Essen. Sur un pont de bateaux, un petit incident survient : le wagon de queue saute des rails. Les hommes sont transférés dans d'autres wagons.
Nous passons les Pays-Bas, la Belgique (Liège où nous sommes très bien accueillis).
Enfin, voilà la France ! Après avoir passé plusieurs mois en terre étrangère, cela fait chaud au cœur ! Mais notre bonheur est quelque peu attristé par le souvenir de nos camarades qui sont restés là-bas... morts.
Le lendemain, c'est l'adieu aux copains. On s'embrasse, c'est la grande joie à l'idée de rentrer chez nous. Je suis conduit en voiture à la gare de l'Est. On me cherche une place
assise dans le train et c'est le départ pour Sedan.
Raymond m'attend à la gare. Je suis conduit à B... en voiture. C'est difficile de réaliser ! Difficile de se retrouver !
La première nuit passée à la maison, il m'est impossible de garder le lit. Je me retrouve au petit matin couché sur le plancher de la chambre. II me faudra du temps pour refaire surface.
Tous les trois mois, je passe une visite médicale au dispensaire-hôpital de Sedan.
Que de changements ! Il me faut désormais reprendre mes habitudes, mon travail.
Le 30 août 1944, vingt personnes furent massacrées par les SS dans le village de Tavaux, dans l'Aisne, à la suite d'une fusillade avec les FFI. La commune est l'une des dix-huit localités remarquées qui furent décorées de la Médaille de la Résistance en 1947. Ce 15 septembre, une cérémonie commémorative s'y déroulera et, pour la première fois, accueillera le drapeau des Villes et Communes Médaillées de la Résistance.
Deux articles relatifs à la Seconde guerre mondiale dans le dernier numéro de Terres Ardennaises :
"Charles Legay. Un itinéraire militant". Brossé par Didier Bigorgne, le portrait de ce militant communiste, figure ardennaise du mouvement ouvrier et social, arrêté en décembre 1942, déporté au camp de concentration de Buchenwald, avec des extraits du carnet que Charles Legay tint pendant ses années de déportation.
cette biographie est complétée par un article sur le système concentrationnaire nazi réalisé par les élèves de 3e du collège de Monthermé, sous la direction de leurs professeurs, Jérémy Dupuy et Nicolas charles.
Terres Ardennaises, n° 99 de juin 2007