Une œuvre magistrale de plus de 1000 entrées, rédigée par une flopée de spécialistes de la question, sous la direction de François Marcot (dont je ne suis pas peu fier qu’il ait été mon directeur de mémoire lors de mon étude sur la collaboration dans les Ardennes).
Cette somme indispensable couvre largement tous les domaines : acteurs, mouvements et réseaux, organisations civiles et militaires, actions et combats de la résistance intérieure et de la France Libre, grands événements, mais aussi une anthropologie de la vie résistante qui couvre des thèmes inattendus ou tout au moins rarement abordés (« Amours et sexualité », « Tractions et bicyclettes», « Poésie et résistance »… ). Sans négliger une étude des territoires où figure la région Champagne-Ardenne, d’après la synthèse de J.P. Husson (à laquelle j’avais apporté ma modeste contribution et que l’on peut lire en cliquant ici). Un livre indispensable.
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de F. Marcot, Robert Laffont, coll. Bouquins
par philippe lecler
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Bibliographie

Une des magnifiques illustrations de l'article, par Simon Cocu
Dans ce numéro, un témoignage que je ne fais que présenter :
« À propos du maquis des Ardennes : le témoignage d’un rescapé des Manises »
Concernant la tragédie qui eut lieu les 12 et 13 juin 1944 sur les hauteurs de Revin, il est l’un de ceux des mieux circonstanciés qu’il me fut donné de recueillir. Il couvre toute la période considérée : de la montée au maquis en juin 1944 au procès de Nancy en octobre 1945, où l’auteur, André Hubert, fut appelé à témoigner.
Écrite en 1991-1992 (à destination de la famille d’André Hubert et non pas à des fins de publication), cette relation, extraite d’un ensemble plus vaste de mémoires, met l’accent sur les « dysfonctionnements » du maquis : le manque d’encadrement et les défauts de commandement, les imprudences, le tout révélant un manque de préparation quant à l’accueil des jeunes recrues « appelées » lors de la mobilisation générale décrétée par la Résistance à Revin le jour du débarquement allié sur les côtes normandes. Dans le même numéro, sur la période qui nous intéresse, « Les vicissitudes d’une jeune polonaise » par M. Meissner.
par philippe lecler
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Biblio ardennaise
Né le 31 octobre 1921 à Rimogne, Armand Polèse habitait Linay lorsque, en 1942, requis pour le STO, il entra en résistance, rejoignant le maquis
franco-belge du Banel, dirigé par Adelin Husson. Agent de liaison dans un premier temps, puis chef de groupe, il occupait au maquis une « cagna » au lieu-dit « le Paquis de
Frappant », dans la clairière de Buchy, avec trois autres réfractaires, André Poncelet et Fernand Blaise (de nationalité belge), Casimir Rzepcky (français d’origine polonaise), et une jeune
fille belge, Marguerite Van Bever.
Sources : A. DUBRU, Pages d’histoire de la Résistance dans la région de Florenville
(1940-1944), non publié.
par philippe lecler
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Des hommes
Vient de voir le jour un blog consacré à la déportation des Juifs dans les Ardennes : les « Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, section Ardennes », à l’initiative de Mme Dollard-Leplomb et de M. Lévy.
Les amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du département des Ardennes présentent actuellement le résultat de leurs recherches portant sur le travail forcé des Juifs dans les colonies agricoles du département, alors placées sous le contrôle de la WOL principalement dans le sedanais et dans le rethelois. La plupart d’entre ces hommes, femmes, enfants, furent déportés vers Auschwitz en janvier 1944.
À Tétaigne, le 23 avril, une plaque fut apposée, à l’initiatitve de la FMD, en leur souvenir sur un monument du village : " En mémoire des dix-huits Juifs arrêtés à Tétaigne, regroupés à Drancy, dirigés ensuite vers Auschwitz le 20 janvier 1944 ".
FMD 08 (voir aussi dans les liens) : http://afmd08.over-blog.com/
par philippe lecler
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Actualité
Marc HAMEL, 35 route des Cèdres, Brouterie, 16600 MORNAC.
Né à Avançon le 12 mars 1926, ancien Maire de Mornac, Combattant 39-45, Combattant Volontaire de la Résistance, Interné Résistant.
Ayant quitté les Ardennes pour la Charente depuis 1954 et n'étant pas abonné à L'Ardennais comme je le suis maintenant, ce n'est que très longtemps après la publication de Cellule XIII de Jean ROGISSART, que j'ai connu sa parution. J'ai aussitôt joint mon beau-frère à Sedan qui m'a trouvé le dernier dans une librairie de Charleville, je l'ai donné à ma sœur. Démuni, je me suis alors adressé à l'éditeur « l'Amitié par le Livre » à Blainville-sur-Mer. Celui-ci m'a adressé son dernier exemplaire, en me précisant que Jean ROGISSART était décédé en 1961. En allant m'incliner sur la tombe d'Henri MOREAU, à Nouic (HauteVienne), j'ai offert mon exemplaire à sa famille. Comme depuis longtemps il n'y avait plus un seul exemplaire en librairie, le tirage en étant épuisé, ce qui prouve son succès, j'ai contacté Mme ROGISSART, qui très gentiment m'a envoyé un exemplaire d'une série spéciale, le n° 881, tiré sur Gothic. Un retirage a été réalisé depuis de la saga des MAMERT dont Cellule XIII est le dernier ouvrage.
J'ai bien entendu lu cet ouvrage avec un intérêt tout particulier, car mon père Charles HAMEL, d'Avançon, arrêté le 25 avril 1944 pour espionnage, a été interné à la prison Carnot dans la fameuse cellule XIII jusqu'au 29 août 1944, torturé par la Gestapo de la rue de Tivoli, traduit devant le tribunal de guerre allemand de Charleville fin juin 1944, défendu par Me Marceau VIGNON, condamné à la réclusion, de fait était destiné à la déportation.
Je n'ai reconnu ni l'homme, ni l'idéaliste qu'était mon père dans le personnage de Léon MAËL dépeint par l'auteur. Jean ROGISSART avait pourtant le 28 octobre 1944 dédié chaleureusement deux poèmes de sa conception « Au camarade HAMEL en souvenir de la prison Carnot » ; écrivain, dont moi Ardennais originaire du calcaire rethelois admire le style et la plume pour l'ensemble de son oeuvre, celle du chantre de l'Ardenne du schiste, du fer et de la Vallée de la Meuse ouvrière. Le 19 mars 1952, il demandait à mon père de lui établir de manière urgente et en double exemplaire, légalisée, une attestation comme quoi il avait été son codétenu du 29 juillet 1944 au 12 août 1944 cellule XIII, à lui retourner sans délai. Le ton avait déjà changé ! Je ne sais si mon père lui a répondu, il était à cette époque à Bichat à Paris, hospitalisé pour le cancer qui l'emportera six mois plus tard. Pourquoi Jean ROGISSART a-t-il changé d'attitude ? Pourquoi a-t-il maltraité de la sorte Léon MAËL alias Charles HAMEL, ce qui ne fait aucun doute, dans ce livre paru neuf ans après sa disparition le 22 septembre 1952, car c'est bien lui qui apparaît derrière cette anagramme imparfaite? Quel manque d'honnêteté envers lui et quelle indélicatesse ! Pourquoi a-t-il offensé mon père en dressant un portrait aussi tendancieux de Léon MAËL alias Charles MAËL, résistant qui a bien mérité de la Patrie ! C'est ce que m'a écrit Me VIGNON son avocat devant le tribunal de guerre allemand de Charleville ? Pourquoi a-t-il, dans Cellule XIII un ouvrage dédié : «À la mémoire de tous les Résistants et des victimes raciales », été aussi injuste envers son ancien codétenu, un authentique résistant lui ? Pourquoi ?
Avant d'entrer dans le détail de mes remarques, il convient de savoir que Charles HAMEL responsable du groupe de résistance « Lorraine » d'Avançon a été arrêté le 25 avril 1944 pour espionnage et interné à Carnot jusqu'au 29 août 1944. Il avait pour compagnons, dans la cellule 13 : Henri MOREAU qui fut fusillé à Tournes le 29 août 1944 et deux autres prisonniers, dont l'un devait être bûcheron de son état et l'autre dont j'ignorais tout. A la fin du mois de juillet 1944, Jean ROGISSART vint les y rejoindre, il a été libéré le 12 août. Mon père, condamné à la réclusion à la fin du mois de juin 1944, a été maintenu à Charleville en raison de mon évasion du 2 juillet consécutive à mon arrestation du 29 juin 1944. Les Allemands espéraient bien me reprendre, mais ils n'y réussirent jamais !
D'emblée, à la page 42 de Cellule XIII, ROGISSART alias Michel MAMERT arrivant dans la cellule écrit :
« À droite, un grand blond, maigre même décharné... il jeta un coup d’œil oblique sur l'arrivant... » ( Léon MAËL)
« L'autre à gauche devait être tout jeune encore... les yeux bleus, d'un bleu de véronique des bois, étaient câlins, quasi-féminins et le profil, ce front que prolongeait un nez droit faisait songer à un Grec de l'Attique » (Henri MOREAU)
À la page 67 : alors qu'Henri lui développait sa philosophie chrétienne, l'auteur écrit :
« MAËL le dévisagea mauvaisement. »
Page 82 :
À LEBLOND qui tardait à faire sa toilette, MAËL ne pouvait lui parler gentiment :
« Et lave-toi hein ? gronda Léon. »
Page 84 :
Par contre : MAËL venait de donner un morceau de pain sorti de sa musette à LEBLOND, MICHEL alias ROGISSART se pose, a priori, la question du prosélytisme : « Les idées d'Henri on les connaissait: le Christ les inspirait quelque peu, mais MAËL était agnostique. Alors quel prosélytisme habile cachait cette générosité? Voulait-il effacer certains préjugés possibles. « Si je n'en avais pas été témoin, pensa MICHEL, Léon MAËL aurait-il manifesté cette bonté ? »
Page 113 :
Un dimanche matin d'une cellule du dessous, « celle des curés », montaient des chants religieux : «l'architecte (Henri MOREAU) écoutait, tandis que MAËL ostensiblement avait un rictus hostile »…
Page 119 :
MAËL était incapable d'encourager gentiment Henri, déprimé, à manger : «Malgré les injonctions de Léon MAËL … »
Page 175, ce parallèle:
« MAËL plaisantait-il, sa réflexion était-elle sarcasme ou amertume ? Il n 'était pas facile de lire sur le visage blême, dans les yeux durs qui le creusaient, sinistres comme des orbites vides. Henri présentait par contre son bon regard indulgent et quiet. »
Un psychiatre expliquerait les motivations profondes de l'auteur redevable envers l'un et éprouvant du ressentiment à l'encontre de l'autre.
Cela continue page 181 :
« Henri était sans contredit incapable d'une telle fourberie ! Est-ce que le cultivateur eût été aussi droit, aussi loyal ? »
Et je ne suis pas exhaustif ! Bien sûr, il n'a pas dit que du mal, mais il en a néanmoins trop dit.
Moi-même Marc HAMEL, digne fils de cet être, je ne peux qu'être un assassin, puisqu'il fait dire à mon père page 101 : « Mon fils s'était évadé de la prison de Rethel, après avoir tué un gardien. »
Évadé : OUI! Tueur NON! Merci beaucoup Monsieur ROGISSART ! Qu'ont pu penser de moi depuis cette parution en 1961 les nombreux lecteurs qui ont fait le rapprochement ? Je suis encore en vie ! Alors ?
Je précise que la Maison d'Arrêt de Rethel, qui était sous administration française, comme beaucoup d'autres, a été l'antichambre de la mort pour bien des patriotes et que bien sûr le personnel était français.
Je ne sais comment mon père aurait réagi à la lecture de ces gentillesses, distillées au long des pages de Cellule XIII après sa mort, s'il avait pu les lire. Il aurait pu demander des comptes. Une action en justice eut été possible.
Bien sûr, mon père n'avait pas manqué de me raconter sa détention et sa libération. Au sujet de ROGISSART il a précisé qu'il ne fut pas un codétenu exemplaire, à tel point qu'à sa sortie de prison il avait emporté le pain et le chocolat qui lui restait de son dernier colis. Il a même fait allusion à une mission capitale pour MOREAU qu'il n'aurait pas accomplie.
Après avoir gardé son pain et son chocolat, comment Monsieur ROGISSART a-t-il pu écrire sans sourciller à la page 119, où il démontre la pitié d'un Allemand pour Henri que lui n'avait pas eue :
« Alors un des porte-clefs jeta un gros chanteau de pain sur le lit de Henri, un supplément copieux. Pour toi, fit-il, pauvre Henri ! Merci pour lui, lança LEBLOND. Il dort. Celui-là, c'est Bruno, ajouta-t-il à l'adresse de MICHEL. Un Saxon : pas mauvais bougre. Jamais il n'oublie MOREAU... II avait pitié de l'architecte parce qu'il savait que jamais Henri ne recevait aucun colis. »
Il est vrai qu'Henri MOREAU avait été arrêté à la gare de Châlons-sur-Marne depuis janvier 1944. Plus personne de ses contacts dans les Ardennes n'avait de nouvelles depuis de LUCIEN le responsable du B.O.A. pour ce département. En conséquence, il ne recevait de colis de quiconque, ne pouvant prévenir qu'il était à Carnot sans se démasquer, où il laissait pousser sa barbe afin de ne pas être reconnu. Les Allemands détenaient le LUCIEN, qu'ils recherchaient tant, sans savoir que c'était Henri MOREAU, lequel a soutenu mordicus qu'il était Henri MOREAU en voyage d'affaires, arrêté à tort.
Lorsque l'on sait comme moi, la grande admiration et l'affection qu'avait mon père pour Henri MOREAU. Lorsque l'on sait comme moi, comment il exaltait le souvenir de cet ardent patriote qui, évadé de son frontstalag de Charleville, était resté dans les Ardennes pour y organiser la résistance et y mourir sous les balles nazies, au lieu d'aller se réfugier tranquillement dans son limousin natal. Il régnait une telle confiance entre Henri MOREAU et Charles HAMEL à Carnot, que seul mon père savait qu'il était LUCIEN. Ensemble, ils ont tenté l'évasion, ensemble, ils ont malheureusement échoué, cela a renforcé leur solidarité. Ils s'étaient promis d'aller à Lourdes, s'ils s'en sortaient. Mon père partageait essentiellement ses colis avec lui qui n'en recevait pas, bien sûr !
Et pour éclairer sur « l'anticlérical » qu'était mon père au travers du personnage de MAËL, il est bon de savoir qu'avant la guerre, il avait offert au vieux curé du village, l'abbé BOUCHY, une petite Citroën d'occasion rachetée à son beau-frère l'abbé HAGUENIN et lui avait même appris à conduire ! Il fréquenta l'église jusqu'à son arrestation, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir son opinion sur certains clercs.
Lorsque l'on sait tout cela, on ne peut que hausser les épaules devant ce portrait stupide et méchant de MAËL, portrait dressé avec une intention certaine!
Jusqu'à présent j'avais mis cette littérature sur le compte d'un besoin de romanesque : celui de créer un antagonisme entre MOREAU et MAËL pour donner du relief au roman et j'en suis resté là ! J'étais un naïf, car mon épouse avait été choquée par l'image de son beau-père et de son mari et elle n'avait pas manqué de le souligner.
De plus, cette littérature n'a pas manqué de faire chorus avec le discrédit entretenu même après la mort de mon père dans le milieu local et rethelois, dont on dit encore maintenant que c'était un original et de moi un rabâcheur !
Un événement inattendu : Une lettre de mon père que j'ignorais totalement, datant de septembre 1944, relatant les circonstances et péripéties du mois d'août 1944 à la prison Carnot avec noms de témoins à l'appui existe, classée aux Archives Départementales, cotée 1294 W19, j'ai pu la consulter recto verso, cette précision a son importance, à la fin du mois de décembre 2005. Elle m'a permis de me faire une opinion sur les motivations de l'auteur, ainsi que connaître le nom des témoins cités par mon père.
Un engagement de réserve souscrit afin d'obtenir l'autorisation de consulter cette pièce, m'oblige à me taire, mais il n'est interdit à personne de faire les mêmes démarches que moi auprès des Archives départementales pour connaître la suite de cette tragédie et le pourquoi de cette attitude de Jean ROGISSART envers son ancien compagnon de cellule!
À Mornac, le 12 mars 2006
Cette lettre dont parle M. Hamel fut rédigée par son père et adressée à la commission d’épuration à Charleville. Elle dénonçait l’attitude de Rogissart pendant sa détention, et surtout le fait que, contrairement à ce qui est dit dans Cellule XIII (pas encore écrit à l’époque), Rogissart ne serait jamais passé, comme le lui avait demandé H. Moreau, au bar des Allobroges pour prévenir la Résistance qu’il était détenu à Carnot :
« Le Bar des Allobroges faisait bien le coin à gauche ; les détails donnés par Henri étaient des plus exacts ; mais tout y était clos. Portes et fenêtres fermées, barrées de panneaux cadenassés, du rez-de-chaussée aux étages […] Sa mission était terminée avant de commencer. » (Cellule XIII, p. 183)
Que la Résistance ait été prévenue ou non de la présence de Moreau à la prison n’aurait sans doute rien changé à son destin. La question reste posée de la sincérité de Rogissart. Elle est de toute façon annexe. Cellule XIII est intitulé « roman ». L’auteur a pu prendre quelques libertés avec la vérité (la réalité) sans se renier. Sans négliger ni mépriser la légitime indignation de Marc Hamel, ces points relevés n’enlèvent rien à la qualité de l’œuvre de Jean Rogissart.
P.L.
par Marc Hamel / Philippe Lecler
publié dans :
Biblio ardennaise