Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.

Il fut l'un des premiers ouvrages à destination du grand public sur cette période de l'histoire, s'insérant dans une collection sur l'Occupation dans les départements, le livre vaut surtout pour la richesse de ses illustrations (une centaine de photos).
Jacques Vadon voulait que le livre constitue une synthèse de ses recherches. Destiné à un large public, il constitue un exposé intéressant sur
l'Occupation et sur la Résistance, avec une iconographie très riche (photographies, aussi documents des archives des FFI, mais la taille des documents les rend souvent peu lisibles). Un détail
amusant : les curieuses légendes de certaines photos (par exemple ce portrait d'un groupe d'auxiliaires féminines de la Luftwaffe titré : « Pas même belles ! »). Dans un
entretien accordé à L'Ardennais lors de la parution du livre J. Vadon s'en expliquait : « Je les ai légendées [les photos] dans l'esprit de l'époque, autant que possible. Des
gens vont me reprocher sans doute d'être anti- boche ! Mais c'était l'esprit du temps, ici, comprenez-vous. Ce que j'ai écrit n'est pas impartial !»
Une grande étude, composée par un harmonieux mélange de mémoires vécues et d'analyse historique, consacrée aux huit départements formant la Région C de la Résistance, par son ancien chef, Gilbert Grandval. Indispensable pour qui veut aller plus loin dans la compréhension de l'organisation de la Résistance.
Présentons donc son principal et illustre auteur, Gilbert Grandval qui eut entre les mains les destinées de la résistance ardennaise de 1943 à la Libération.
Le 26 novembre 1943, il prend la succession de Pierre Arrighi (arrêté par les Allemands le 19 novembre) à la tête de l'organisation militaire de C.D.L.R. Ce mouvement s'est vu confié le commandement de la région C de la Résistance par le général Delestraint, chef militaire de l'A.S. Par cette nomination, Grandval devient chef des F.F.I. de la région C qui couvre les départements des Ardennes, de la Marne, de la Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et des Vosges.
En janvier 1944, le Délégué Militaire Régional, André Schock (D.M.R. depuis septembre 43) est arrêté par la Gestapo à Paris. Grandval est pressenti pour prendre sa succession. A compter de février, Grandval va cumuler les fonctions de chef des F.F.I. et de Délégué Militaire Régional de la région C (pseudo « Planète »).
En sa qualité de chef des F.F.I., il rend compte de son activité au COMAC (la Résistance intérieure). En tant que D.M.R., il est aux ordres du général Koenig, donc du général de Gaulle (résistance extérieure). Cette double casquette en fait l'unique intermédiaire pour la région entre l'état-major interallié à Londres et la Résistance intérieure.
A la libération, le général de Gaulle lui confie le commandement de la XXe Région Militaire et le fait compagnon de la Libération et Chevalier de la Légion d'Honneur. Après avoir passé dix ans en Sarre en qualité de Gouverneur Militaire puis d'Ambassadeur de France, il sera nommé Résident Général de France au Maroc.
Après 1958 et le retour du général de Gaulle, il sera successivement Secrétaire général de la Marine marchande, puis Secrétaire d'État au commerce extérieur et pendant quatre ans Ministre du Travail.
Grand Officier de la Légion d'Honneur et membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, Compagnon de la Libération, titulaire de la Rosette de la Résistance et d'une croix de guerre ornée de trois palmes et d'une étoile (parmi ses décorations les plus prestigieuses), Gilbert Grandval est décédé le 29 novembre 1981 à Paris.
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formelle.
Couvrant une longue période de l'histoire, du début du XIXe siècle à la Libération, l'ouvrage contient un chapitre sur la Résistance, celle-ci n'étant plus seulement considérée comme un mouvement de libération national, mais aussi comme un instrument d'émancipation pour la classe ouvrière. Henri Manceau (1907-1986), professeur à l'École normale de Charleville et historien du mouvement ouvrier, place la Résistance des communistes et celle des FTP au centre de la lutte populaire contre l'occupant, non sans afficher clairement ses solides convictions d'historien formé à l'école marxiste.
On mesure, à la lecture de ces lignes, l'évolution de l'historiographie de la Résistance depuis la fin des années 60.
Ainsi est mise en avant l'action, dès avant le 22 juin 1941, des communistes ardennais, cheminots, métallos, frappés par la répression policière de Vichy et celle des Allemands ; la naissance des FTP et leur implantation dans le département, l'ostracisme (supposé ou réel) dont ils furent victimes de la part des autres mouvements. L'exposé est donc, de façon assez nette, partisan et vindicatif, reflet aussi des tensions et des engagements de son époque.
Rédigée par Jean Pierre Husson, "la déportation en Champagne-Ardenne", plaquette publiée en 1985 au CRDP, a été en partie actualisée à partir de sa thèse de doctorat ("La Marne et les Marnais pendant la seconde guerre mondiale") et du DEA de son épouse sur la déportation des Juifs de la Marne (mise en ligne ici). Le livre est issu de l'enquête du Comité d'histoire de la deuxième Guerre Mondiale, dont le réseau de correspondants pour notre département fut constitué par Robert Cloet puis Jacques Vadon. L'ouvrage dresse un bilan de la déportation dans les départements.
Pour les Ardennes, celui-ci porte le nombre de déportés à 524, (dont 240 rentrés), soit 1 déporté pour 468 habitants :
- à près de 32 % pour « résistance »
- à près de 20 % pour des motifs « politiques » (le plus souvent pour appartenance au parti communiste et/ou fait de résistance)
- à près de 20 % pour motifs raciaux (101 personnes, 29 rentrées).
47 % des déportations ont eu lieu durant l'année 1944, à destination principalement des camps d'Auschwitz-Birkenau (109 personnes) et de Buchenwald (55 personnes). La déportation a touché majoritairement des hommes de plus de 18 ans (436), aucun milieu socioprofessionnel n'a été épargné.
Dessin d'Henri Gayot, rélisé après sa détention à Natzweiler, évoquant les séances de rassemblement qui se tenaient à toute heure sur l'une des places du camp (tiré de Struthof, de R. Steegmann)Le Comité d’Histoire de la seconde guerre mondiale fut fondé en décembre 1951, chargé, sous la direction d’Henri Michel, de recherche historique sur le conflit mondial. Organisme interministériel rattaché au Président du Conseil puis au Premier Ministre, amis lié au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).
Sa première tâche, fut de rédiger une statistique générale de la déportation en France sous l’égide de la Commission d’histoire de déportation. Une grande enquête fut lancée partout en France par la mise en place d’un réseau de correspondant départementaux.
Dans les Ardennes, Robert Cloet puis Jacques Vadon (décédé le 19 décembre 1990, à l’âge de 79 ans, J. Vadon fut, de 1945 à 1976, professeur d’histoire et de géographie au lycée Chanzy à Charleville), furent les correspondants départementaux du CD2GM dès 1958.
Les résultats de l’enquête dans le département furent publiés dans le numéro 118 de mars 1963 du « Bulletin du Comité d’Histoire de la deuxième guerre mondiale », puis intégrés au « Bilan de la souffrance dans les Ardennes » présenté dans le numéro 38 de juillet-septembre 1964 de la revue Études Ardennaises.
En parallèle à cette activité débutèrent les recherches sur la Résistance et sur l’Occupation, qui menèrent Jacques Vadon à l’écriture de nombreux articles dans la Revue historique ardennaise, publiée par les Archives départementales, puis à la soutenance de sa thèse de doctorat en 1979.
VADON (J.), « Les mouvements de collaboration dans les Ardennes (1942-1944) », Revue Historique Ardennaise, T. IX, 1974, p.193 - 206.
VADON (J.), « Le Comité Départemental de Libération », Revue Historique Ardennaise T. X, 1975, p.123 - 144 .
VADON (J.), « Le S.T.O. dans les Ardennes », Revue Historique Ardennaise, T. XI, 1976, p. 67 - 86.
VADON (J.), « Les parachutages dans la Résistance ardennaise (mai 1943-août 1944) », Revue Historique Ardennaise, T. XVII, 1982, p. 249 - 264
VADON (J.), « Les fusillés ardennais pendant l’occupation : mai 1940-septembre 1944 », Revue Historique Ardennaise, T. XXII, 1987, p. 185 – 206
VADON (J), « Les femmes ardennaises accusées de collaboration de mai 1940 à septembre 1944 » (article posthume), Revue Historique Ardennaise, T. XXX, 1995, p. 89-97.
Une somme de référence sur le sujet, par celui qui s’est imposé comme l’historien de la Résistance dans les Ardennes. On ne peut que regretter qu’elle n’ait jamais été publiée (bien que le projet en ait été dressé) ! Heureusement, on peut la consulter aux archives départementales. Une base de travail nécessaire à toute recherche sur le sujet.
La structure en deux parties, sous forme de deux tableaux (chronologique pour l’histoire de la Résistance ardennaise, synchronique pour le recensement des sabotages ferroviaires dans le département), destinait l’ouvrage aux enseignants ou aux spécialistes de la question, tout au moins à l’amateur éclairé. Vadon s’en expliquait dans son introduction : « D’aucuns regretteront peut-être l’absence d’un récit et l’usage de tableaux […] nous avons voulu […] nous défendre de tout développement littéraire absolument inutile : les faits parlent d’eux-mêmes. » Même si je ne partage pas cette dernière assertion, la Contribution de J. Vadon reste donc un outil précieux pour le chercheur.