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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:51

On lira ci-dessous la notice biographique d'André Ballot, enfant de Mohon, décédé en 1941 et dont le nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Mézières. Son nom vient s'ajouter à liste des victimes de l'occupation nazie en France recensées dans le Maîtron des fusillés, exécutés, abattus.

 

BALLOT André, Louis, Charles, Georges, né le 22 février 1924 à Mohon (Ardennes), est fils d’Auguste Ballot, ajusteur aux Forges et Ateliers de la Vence à Mohon, et de Marie-Thérèse Héloïse Pigeon, son épouse, sans profession.

Lors de l’invasion de la France par les armées allemandes en mai 1940, la population ardennaise est évacuée vers des lieux de repli. Les ouvriers des Forges et Ateliers de la Vence sont dirigés, par les soins de l’usine, à Ambierle, département de la Loire. Auguste Ballot, sa femme et son fils âgé de 17 ans  sont du nombre. Sur la route, le 19 juin 1940, entre Saint-Germain l’Espinasse et Roanne, André Ballot incendie un tank allemand probablement abandonné par ses occupants. Plus loin, il participe avec son père et d’autres réfugiés, à décharger un camion rempli d’armes  que des gendarmes repliés de l’Est de la France tentent de cacher dans la cave de l’école des filles de Saint-Germain, dans l’espoir, vain, qu’elles ne seront pas récupérées par les Allemands. Enfin, les deux hommes récupèrent des soldats français qu’ils vont diriger sur Renaison afin de les aider à passer la ligne de démarcation et leur éviter la captivité.

Auguste et André Ballot sont arrêtés par la police allemande le 1er juillet 1940, et sont internés à la prison de Moulins (Allier). Ils vont y rester presque 10 mois, malgré les interventions diverses en leur faveur, notamment celles des dirigeants des Forges et Ateliers de la Vence, depuis leur siège parisien. Les Allemands opposent à ces demandes la gravité des faits retenus contre les deux hommes : on les accuse de trafic d’armes. Leur participation au déchargement du camion de la gendarmerie et à la dissimulation de sa cargaison ont sans doute été dénoncées.

Faute de preuves, les Allemands les libèrent finalement le 17 avril 1941. C’est à ce moment qu’André tombe malade. Le médecin qui le soigne va déceler une "pneumonie bilatérale". Selon son témoignage, ce sont les conditions de son internement qui sont responsables de sa mort : les privations et les sévices qu’il a endurés pendant son internement sont causes de son affaiblissement et ont contribué à l’aggravation et à la généralisation de la pneumonie qui a entraîné son décès qui survient le 31 mai 1941 à Ambierle.

L’inscription à titre civil de la mention « Mort pour la France » est portée sur l’acte de décès d’André Ballot. Son nom figure sur la pierre du mémorial de la Résistance de Berthaucourt (Charleville-Mézières).

 

Source : DAVCC, Caen

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Published by philippe lecler
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