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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 07:05

 

 

La Société d'histoire des Ardennes publie sa quarante-septième revue, entièrement consacrée à la Grande Guerre dans les Ardennes. Ce volume exceptionnel de 416 pages, qui a reçu le label du Centenaire, est riche de vingt-deux articles renouvelant la recherche historique dans notre département. Parmi eux, de nombreux récits tirés de journaux intimes récemment découverts (ceux de Jules Fortier, de Maurice Couvert, des frères Crépeaux etc.), mais aussi des études inédites consacrées à des sujets inattendus (la prostitution dans les Ardennes sous l’Occupation, les orphelins de l’hôpital de Charleville…)

Pour ma part, je livre une recherche inédite sur cette affaire concernant des soldats français restés cachés derrière les lignes allemandes pendant, pour certains, les quatre années de l’Occupation : « L’affaire du Radois. Des soldats français derrière les lignes allemandes ». Qu’on me permette ici de la présenter sommairement.

L’affaire du Radois débute en septembre 1914 dans la région de Chaumont-Porcien, quand deux patrouilles à cheval françaises, lancées par l’état-major afin de reconnaître l’avancée ennemie, sont attaquées par les Allemands dans les villages de Seraincourt pour l’une, de Remaucourt pour l’autre. Privés de leur monture, blessés pour certains, les soldats survivants sont dispersés et cachés dans les fermes par les civils encore présents sur les lieux. Au printemps de 1915, recherchés par la police allemande, ils construisent une cagna dans le bois du Radois, où la population locale pourvoit à leur entretien malgré les menaces des autorités d’occupation. En juin de cette année-là, leur abri est découvert. Deux soldats sont arrêtés, jugés par un conseil de guerre, et fusillés à Chaumont-Porcien. Une agricultrice, l’admirable Marguerite Mennessier, assume seule la responsabilité de les avoir dissimulés aux recherches de l’ennemi. Malgré la traque qui se poursuit, la solidarité des villageois ne se dément pas. Mais à l’automne de 1916, un soldat ne supportant plus cette vie de reclus se rend aux Allemands, dénonce ses camarades et leurs hôtes. La répression est importante. Á Chaumont-Porcien, la police allemande arrête le docteur Henri Fréal, chez qui elle découvre des carnets suspects. Accusé d’espionnage, celui-ci est fusillé au fort d’Hirson en avril 1917.

 

La revue est vendue 19 euros aux adhérents de la SHA et 25 euros aux non-adhérents.

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Published by philippe lecler - dans actulité
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